LE COIN DES PARENTS

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GRANDS-PARENTS ET PETITS-ENFANTS

Les grands-parents sont la mémoire de la famille. Ils peuvent parler de « comment était maman lorsqu’elle était petite fille » ou, plus intéressant encore, « quelles sont les bêtises que papa a faites » ! Ils racontent les événements heureux, les naissances, les mariages, les anecdotes.

Dans leurs mémoires les enfants viennent puiser de l’information. Mais leur rôle de transmission prend toute son importance lorsqu’il s’agit pour eux de relater une histoire familiale plus douloureuse. La transmission prend alors des allures de mission. Ce sont eux qui peuvent parler d’un papa décédé, par exemple. C’est à eux que les petits-enfants pourront poser des questions sur un petit frère ou une petite sœur gravement malade, la douleur des parents étant souvent trop vive pour qu’ils puissent leur en parler.

Les grands-parents occupent une place essentielle pour « mettre en mot » les événements malheureux afin que le passé familial cesse de dévorer le présent.

La transmission n’est jamais une simple reproduction, elle est « re-création », où ceux qui écoutent, les petits-enfants, jouent un rôle majeur. En racontant l’histoire de la famille, les grands-parents la recréent, la rendent accessible : ils permettent à leurs petits-enfants de se l’approprier. Par un juste retour des choses, les petits-enfants leur offrent aussi quelque chose d’unique.

Grâce à cette transmission se tisse la trame du mythe familial propre à chaque famille.

En expliquant les histoires qui bâtissent l’édifice familial, les grands-parents transmettent souvent des valeurs importantes telles que le goût de l’effort, de l’honnêteté… Autant de repères qui aideront les jeunes à trouver leur identité. Parce que les relations parents-enfants sont complexes, les enfants ne peuvent pas toujours accepter l’enseignement de ces valeurs par leurs parents. Une même remarque sera acceptée si elle vient des grands-parents alors qu’elle peut être rejetée lorsque les parents abordent le sujet.

Les grands-parents assument une autre mission : ils sont garants des traditions, de ces rituels familiaux propres à chaque famille que sont les déjeuners de Pâques, de Noël, de la fête des Mères, qui donnent à chacun l’impression d’appartenir à une famille.

Dans les familles recomposées faites de demi-frères, de beaux-pères et de sœurs par alliance… les enfants finissent par se perdre. Les grands-parents sont souvent vus comme un élément de stabilité, le maillon principal, celui qui assure la cohésion du système et dont une des principales missions est l’apaisement des tensions qui peuvent exister.

Si les parents divorcent, les enfants, eux, ne divorcent ni de leurs parents ni de leurs grands-parents. Dans ces familles décomposées et recomposées, le rôle des grands-parents est de rassurer l’enfant, de lui rappeler qu’il restera toujours l’enfant de sa mère et de son père même si ceux-ci se séparent.

Les grands-parents peuvent aussi devenir les confidents importants. Leur rôle n’est pas d’être autoritaires ni d’apprendre les règles de vie, mais de cajoler, de récompenser, rassurer.

Il existe des grands-parents « gâteaux » mais aussi des possessifs, des culpabilisants… certaines situations empêchent d’entrer en relation avec les petits-enfants. Il est important de ne pas obliger les petits-enfants à aimer leurs grands-parents quand ces derniers « tyrannisent » leur entourage. Ce n’est pas aux petits-enfants d’en faire les frais. Les grands-parents peuvent être vus comme « vieux jeu ou ennuyeux » et pour eux, parfois les petits-enfants peuvent apparaître comme des intrus qui viennent subitement rappeler que le temps passe ou être une impossibilité à réaliser un rêve remis à plus tard…

Si les grands-parents d’aujourd’hui ne sont plus semblables à ceux d’hier, en pleine mutation dans une société qui l’est tout autant, ils continuent de constituer l’un des piliers fondamentaux de la famille.

Et si nous serrions nos grands-parents dans nos bras en leur disant : « Merci d’avoir fait ce que vous avez fait pour que je puisse exister » ?

Et pourquoi ne pas prendre un moment privilégié avec nos petits-enfants, même court ?… Ce n’est pas la quantité qui compte, mais la qualité du temps de présence.

Les Grands-Mères sont porteuses des mémoires du temps.

LE COIN DES PARENTS

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