RECIT DE VOYAGE

Publié le

LA SYRIE MARS/AVRIL 2011

Sabah al khir (bonjour),

Je n’ai pas recherché la Syrie, elle s’est imposée à moi, comme une évidence.

Je pourrai dire qu’il s’agit du hasard si je n’étais pas convaincue qu’il n’existe pas.

C’est en revisitant l’histoire – sujet qui ne me passionnait absolument pas pendant ma scolarité – que j’ai pu porter un autre regard sur l’histoire du monde et découvrir non pas l’histoire racontée, mais l’histoire réelle.

Pour faire bref, tout cela me conduit vers la Syrie. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, j’ai décidé d’aller voir sur place et vérifier. Pour Alain et moi ce sera notre cadeau d’anniversaire de mariage.

Je suis animée d’un immense enthousiasme et d’une curiosité sans limite. J’ai un plaisir intense à découvrir : des lieux, des hommes, des femmes, des enfants, des coutumes, des témoignages du passé de notre monde.

C’est de Syrie qu’ont émergé les premiers villages agricoles du monde. On y a créé le premier alphabet, on y a découvert la première note de musique écrite, on y a développé au plus haut point les sciences et l'astronomie.

L’homme s’est installé en Syrie il y a 500 000 ans. 17000 tablettes on été retrouvées. Elles prouvent que l’humanité a débuté en Syrie et non pas en Afrique comme on le croyait.

C’est en Syrie que l’on a découvert les chèvres les plus anciennes du monde (15000 ans avant notre ère).

Chaque année, dans ce pays, 2 millions d’oliviers sont plantés. Le pays est actuellement placé au 6° rang des producteurs d’huile d’olive, dans le monde.

Les journaux et la télévision sont sous le contrôle de l’état. Pour le cas où un journaliste s’aventurerait à émettre une information sans l’approbation du gouvernement, il se verrait emprisonné pour 3 ans.

Nous atterrissons à Alep. Cette ville ne dévoile pas facilement sa forte personnalité. La journée, nous sommes étourdis par l’activité qui règne dans ses souks et ses rues. La circulation est dense dans le centre-ville. Le soir, les habitants se rassemblent. La musique tient un rôle essentiel.

Alep (ville du savon) est la capitale gastronomique. Pour la gourmande que je suis, j’ai beaucoup de plaisir à découvrir les spécialités (les pistaches, les macarons à la cannelle et aux noix).

Nous nous levons tôt et découvrons l’odeur si particulière de l’aube.

Au petit matin, une marche sur l’ancienne voie romaine Alep/Antioche nous fait rencontrer les habitants qui viennent nous saluer. Les enfants cueillent quelques fleurs pour nous les offrir.

Du haut de la citadelle, nous profitons d’une superbe vue.

Au loin, les petites montagnes ajoutent la promesse de mystérieuses et intéressantes découvertes.

Ici rien ne semble avoir bougé depuis des siècles. Nous foulons la terre d’un autre temps.

D’antiques portes ouvragées bordent les ruelles. Ces bâtiments ont une âme.

Je succombe au charme d’Alep. Découverte ou réminiscence d’une autre vie ?

Les panoramas sont superbes. Ces moments témoignent de la douceur de vivre qui règne en Syrie. J’en mesure tous les petits bonheurs.

Nous remontons le temps…

Seule, la visite des oubliettes me fait froid dans le dos. L’histoire me fait prendre conscience que les moyens d’intimidation utilisés par ceux qui détiennent un pouvoir, sont les mêmes aujourd’hui….

Au cours de notre périple, nous voyons de superbes minarets au milieu d’îlots de maisons et d’appartements en construction. Nous avons l’impression de chantiers abandonnés. Parfois, nous apercevons le début d’une structure avec un escalier qui mène nulle part. C’est curieux ! Nous apprendrons plus tard qu’un grand nombre de personnes ont investi dans l’immobilier à l’arrivée de 3 millions d’irakiens. Ces derniers sont repartis sans acheter… Seuls 500 000 sont restés en Syrie. L’inflation de 300% n’a rien arrangé pour les investisseurs.

Autre curiosité : partout dans le pays des terrains sont entourés d’un mur en pierres, sans doute pour délimiter la propriété, même dans les zones les plus reculées… à part un peu d’herbe et de cailloux, il n’y a rien à l’intérieur.

En direction de Palmyre, nous avons longé l’Euphrate et avons traversé des villages (très poussiéreux). A chaque habitation, un ou plusieurs tapis prennent l’air à la fenêtre ou sur le rebord de la terrasse du toit.

A l’extérieur des villages, de nombreuses maisons sont bâties en briques crues. Elles n’ont pas toujours de fenêtre.

Tout le long de la route des bédouins gardent des troupeaux de chèvres ou de moutons. Ils vivent sous des tentes.

A Sergiopolis, nous entamons la traversée du désert sous 30°. Notre but est d’atteindre Palmyre. Le silence du désert est une sensation unique. Pour les habitants, offrir un peu de lait de chamelle, lorsque l’on est dans le désert est un signe d’hospitalité.

A 80 km de Palmyre, nous apercevons un gisement de pétrole. Un peu plus loin, une installation débute pour accueillir les canadiens qui vont entamer l’exploitation du gaz naturel, dans 2 mois.

Dès notre arrivée à Palmyre nous faisons une marche dans l’allée des Colonnades. Un site magnifique. Les vestiges attestent des richesses et de la beauté de civilisations anciennes.

Nous visitons le musée de Palmyre, le palais de Zénobie et le château des Arabes. C’est là que nous dévalons une colline fortement pentue, en courant… pour remonter un sentier caillouteux qui nous tire sans indulgence vers le haut, afin d’atteindre le tombeau de Jamblique…une montée impitoyable.

Grimper est comparable aux progrès que nous faisons dans la vie. L’exploration de cette terre inconnue est en même temps un voyage intérieur. Je ne voyage pas pour me remplir d’exotisme ni d’anecdotes. En plus des découvertes, je vais à la rencontre de moi-même, à la rencontre de femmes, d’hommes et d’enfants.

Ici, toute banalité prend un goût d’aventure.

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