RECIT DE VOYAGE

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LA SYRIE MARS/AVRIL 2011 (suite 2)

Dans certains quartiers, les vieilles bâtisses en ruine côtoient la modernité des nouvelles constructions. Dans une rue, les tapis sont étalés à même le sol, à côté d’un entrepôt de sacs de ciment d’où s’échappe une poussière dense.

En ville les feux tricolores inscrivent l’indication de temps restant avant qu’ils ne passent au vert.

Les Syriens aiment ponctuer leur conversation de gestes qui nous surprennent.

Par exemple lorsque les 5 doigts de la main sont orientés vers le ciel, c’est une demande d’attente pour quelques minutes.

Lorsque après un salut, un Syrien pose la main sur son cœur, c’est une marque de respect. C’est aussi pour décliner une invitation.

Quand un commerçant dessine avec la main droite, une virgule dans l’air, c’est pour demander si nous voulons ½ kilo, un demi sachet ou une demi portion.

Lorsqu’un policier dessine un trait sur sa main gauche, c’est pour demander les papiers d’identité. L’effigie du président est sur toutes les motos des policiers.

Il faut comprendre « non » quand quelqu’un lance le menton en avant en claquant de la langue un coup sec.

Curieux, non ? C’est très éloigné de nos modes d’expression.

Voyager permet de révéler ce que nos yeux blasés ne peuvent plus percevoir, affadis par la patine de l’habitude du quotidien. Je me rends compte du contraste : nous ne prenons pas le temps de nous dire bonjour, nous avons honte de vieillir. Ici, les gens prennent le temps de se saluer, de prendre des nouvelles, de s’exprimer… ça peut durer des heures. Nous sommes loin de nos hypermarchés anonymes. Les commerçants n’hésitent pas à engager de longues conversations, posent simplement de nouvelles questions, nous apprenant au passage, un peu plus sur nous-mêmes.

Un soir, Alain est allé acheter des piles pour notre appareil à photos. Le commerçant l’a invité à prendre le thé et à discuter.

Ici le quotidien devient moment d’exception. J’aime partager ces instants, simples et touchants de ce peuple très hospitalier.

Le soir, l’arrivée dans Ebla Cham Palace est surprenante. Le grand hall au décor oriental et sa fontaine sont majestueux. Des fenêtres, nous avons une vue sur le mont Kassioun… L’endroit est digne d’un conte de fée. Je me sens « princesse éphémère ».

Le lendemain, au moment de quitter le lieu pour nous rendre à l’aéroport, nous apprenons que celui de Paris est fermé. L’ambassade de France à Damas nous assure de son aide : un avion nous conduira là où c’est possible pour que nous rentrions. Nous avons envisagé de rejoindre Istambul… qui a fermé quelques instants après, puis Athènes, Madrid, Barcelone.

Le soir est arrivé et nous avons pu trouver un couvent qui nous a hébergés pour la nuit. En arrivant nous étions épuisés… La mère supérieure se faisait une joie de nous faire visiter les lieux.

Incontestablement, la Syrie mérite la palme d’or de l’hospitalité.

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